Les débuts…

Boris Levinson (dans la fin des années 50), psychologue pour enfants et professeur en psychiatrie, publie pour la première fois des écrits consacrés entièrement aux effets bénéfiques que pouvaient avoir les animaux sur l’homme et fut considéré comme le père de la zoothérapie.

Il a constaté que les animaux fonctionnent comme des objets transitionnels avec lesquels les patients peuvent se lier : l’animal (objet transitionnel) vient rassurer le patient, le réconforter, le défendre contre l’angoisse. Si l’homme se sent en sécurité et en confort au sein de la relation avec l’animal alors nous pouvons parler de l’existence d’un lien d’attachement entre l’homme et l’animal.

L’animal n’est en aucun cas un thérapeute mais un merveilleux médiateur car il joue un rôle de catalyseur social : il facilite les interactions entre les individus…


Qui est Boris Levinson

C’est un pédopsychiatre américain, Boris Levinson, qui fut le premier à parler du rôle catalyseur social que peut jouer l’animal envers l’humain. Il était alors psychologue pour enfants, et s'occupait d'un enfant nommé John quasiment autiste, dont les parents ne savaient plus quoi faire. Le psychologue qui les reçoit dans son bureau, ne s'est pas aperçu de la présence de son chien Jingles. C'est alors que se produit l'inattendu. Jingles part en reconnaissance de celui qui lui semble le plus attirant « l'enfant ». Il le renifle amicalement, le regarde, tant et si bien que John, sous l'oeil ébahit de sa mère, se met à caresser l'animal, à lui porter attention. La maman et le psychologue sont forcés de voir qu'il se passe quelque chose. A la fin de l'entretien John se met à parler et demande quand il pourra revenir jouer avec son nouvel ami.

 

Que s’est-il passé ?

L’animal a agi comme catalyseur pour déclencher la parole. Dès lors, Boris Levinson développa la théorie de la « pet-oriented Child Psychothérapy » que l’on peut traduire par : « une relation enfant-animal dans une psychothérapie, » appelée plus aujourd’hui zoothérapie, traduction de Pet-thérapy, procédé qui se sert d’un animal familier et éduqué comme médiateur dans un suivi de projet en psychothérapie.

Le psychologue décide de répéter l'expérience au cours de nouvelles séances, et il s'introduit peu à peu dans la relation privilégiée qui s'est établie entre l'enfant et l'animal. Il entreprend alors une véritable thérapie, avec la complicité de son nouveau médiateur Jingles. Celle-ci aboutit à une très nette amélioration de l'état du petit garçon.

Tout à d’abord critiqué par ses confrères scientifiques trouvant les explications un peu simplistes, il orienta et testa diverses techniques pour élargir le rôle de son chien lors des consultations futures. Boris Levinson* soulignait que la présence animale était source de stimulations pour le  développement sensoriel et moteur de l’enfant, et plus tard facteur de socialisation.

Boris Lewinson utilisera par la suite, de manière plus organisé, l'animal familier, chien ou chat selon le tempérament de ses patients pendant les consultations. Cette théorie est basée sur le fait qu’en psychologie infantile la communication doit passer par le jeu qui est le meilleur moyen de communiquer. Or le royaume de l'enfant est celui du jeu par excellence. D'autre part, à un certain stade du développement de l'enfant, avant six ans, celui-ci est encore marqué par l'animisme : autrement dit il est persuadé que l'animal est comme lui, qu'il raisonne de la même manière.

On observe chez le jeune enfant une identification partielle à l'animal, qui constitue dés lors un formidable lieu de projection, car il est souvent plus facile pour l'enfant de raconter sa vie et ses angoisses à travers la voix qu'il prête au chien, au chat, à son cochon d’inde ou à un équidé pour certain. L'ensemble de ses expériences et de ses réflexions fait aujourd'hui figure de référence. Il fut le premier à écrire sérieusement et largement sur l'utilisation d'animaux dans le traitement de désordres psychologiques.
Extrait du livre " Eduquer avec les animaux" la zoothérapie au service des jeunes en difficulté de François BEIGER aux éditions DUNOD